Travaux de toiture et déduction d'impôt : ce qui est réellement déductible en 2026

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Travaux de toiture et déduction d'impôt : ce qui est réellement déductible en 2026

La déduction d’impôt pour des travaux de toiture dépend de votre statut : propriétaire bailleur ou occupant. Depuis la suppression du crédit d’impôt (CITE) au 1er janvier 2021, seuls les bailleurs au régime réel déduisent ces dépenses de leurs revenus fonciers. Les propriétaires occupants accèdent à MaPrimeRénov’ et à la TVA réduite à 5,5 %.

Fin du crédit d’impôt toiture : ce qui a changé depuis 2021

Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), codifié à l’article 200 quater du Code général des impôts, permettait de déduire 30 % des dépenses d’isolation de toiture. Ce dispositif a pris fin le 31 décembre 2020. La loi de finances pour 2021 l’a remplacé par MaPrimeRénov’, une aide versée directement par l’Anah.

Concrètement, un propriétaire occupant qui refait l’isolation de sa toiture en 2026 ne cochera plus aucune case “crédit d’impôt” sur sa déclaration de revenus. La réfection de toiture à l’identique (remplacement de tuiles, reprise de faîtage) n’a d’ailleurs jamais ouvert droit au CITE : seuls les travaux d’isolation thermique étaient éligibles.

Quatre dispositifs coexistent en 2026 : MaPrimeRénov’ (active depuis 2020 pour tous les propriétaires), le déficit foncier (réservé aux bailleurs au régime réel), la TVA à 5,5 % sur l’isolation (logements de plus de 2 ans) et l’éco-PTZ (prêt sans intérêts). Le CITE, lui, appartient au passé. Retrouvez l’ensemble des aides gouvernementales pour la toiture dans notre guide dédié.

Propriétaire bailleur : la déduction des travaux toiture sur les revenus fonciers

Les propriétaires qui louent un bien nu au régime réel déduisent les travaux de toiture de leurs revenus fonciers. L’article 31-I-1°-a du CGI autorise la déduction des “dépenses de réparation et d’entretien” : remise en état de la couverture, remplacement de tuiles, réparation de charpente, traitement de l’étanchéité.

Les travaux d’amélioration sont aussi déductibles. L’isolation de toiture par les rampants ou par l’extérieur (sarking) entre dans cette catégorie. Seule condition : le logement doit être loué et les travaux ne doivent pas modifier la structure du bâtiment au point de constituer une reconstruction.

Quels travaux de toiture sont déductibles ?

  • Réparation de couverture (tuiles, ardoises, zinc)
  • Reprise de faîtage et de solins
  • Traitement de charpente contre les insectes xylophages
  • Isolation thermique des combles et rampants
  • Réfection de l’étanchéité sur toiture-terrasse
  • Pose de gouttières et évacuation des eaux pluviales

Le montant intégral des factures (main-d’oeuvre et fournitures) se déduit des loyers perçus. Si les charges dépassent les revenus locatifs, le déficit foncier apparaît.

Le mécanisme du déficit foncier

Quand les charges déductibles (travaux, intérêts d’emprunt, assurance, taxe foncière) dépassent les loyers encaissés, le déficit se reporte sur le revenu global du foyer fiscal. Le plafond est de 10 700 € par an (article 156-I-3° du CGI). Le surplus non imputé se reporte sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

Exemple : vous percevez 8 000 € de loyers annuels et engagez 25 000 € de travaux de toiture. Le déficit foncier atteint 17 000 €. Vous imputez 10 700 € sur votre revenu global cette année, puis reportez 6 300 € sur les revenus fonciers de l’année suivante.

Super déficit foncier : 21 400 € pour la rénovation énergétique de toiture

Le dispositif temporaire du “super déficit foncier” double le plafond d’imputation à 21 400 € par an pour les travaux de rénovation énergétique payés entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2027 (article 156-I-3° alinéa 4 du CGI, modifié par la loi de finances rectificative du 1er décembre 2022).

Pour en bénéficier, deux conditions cumulatives s’appliquent : un diagnostic de performance énergétique (DPE) réalisé avant les travaux, puis un second DPE après chantier attestant d’une amélioration effective de la classe énergétique du logement.

L’isolation de toiture fait partie des travaux éligibles au doublement. Sur la déclaration de revenus, le montant des dépenses de rénovation énergétique se reporte en ligne 224 bis du formulaire n° 2044. Pour un bailleur qui engage 30 000 € de travaux d’isolation de toiture sur un bien loué 9 000 € par an, l’économie fiscale peut atteindre plusieurs milliers d’euros sur deux exercices.

Propriétaire occupant : MaPrimeRénov’ remplace la déduction fiscale

Les propriétaires occupants ne déduisent plus rien sur leur feuille d’impôt pour des travaux de toiture. MaPrimeRénov’, gérée par l’Anah, verse une aide directe calculée sur les revenus du foyer et le type de travaux réalisés.

Barèmes MaPrimeRénov’ pour l’isolation de toiture en 2026

Profil de revenusIsolation rampants (€/m²)Isolation toiture-terrasse (€/m²)
Bleu (très modestes)2575
Jaune (modestes)2060
Violet (intermédiaires)1540
Rose (supérieurs)Non éligibleNon éligible

Sur une maison avec 100 m² de toiture à isoler par les rampants, un ménage aux revenus très modestes reçoit jusqu’à 2 500 € de MaPrimeRénov’. Cette aide se cumule avec les primes CEE des fournisseurs d’énergie et l’éco-prêt à taux zéro (jusqu’à 50 000 € sans intérêts sur 20 ans).

Le Parcours Accompagné pour les rénovations d’ampleur

Le Parcours Accompagné de MaPrimeRénov’ cible les rénovations combinant au moins deux types de travaux avec un gain minimum de deux classes au DPE. Le taux de prise en charge atteint 90 % du coût HT pour les ménages très modestes, plafonné à 63 000 €. L’isolation de toiture couplée au remplacement du système de chauffage entre typiquement dans ce cadre.

TVA réduite à 5,5 % : un avantage fiscal direct sur la facture

Tous les propriétaires, occupants ou bailleurs, profitent de la TVA à 5,5 % sur les travaux d’isolation thermique de toiture. Le taux normal à 20 % tombe à 5,5 % si le logement a plus de 2 ans et si un artisan certifié RGE réalise les travaux.

Sur un chantier d’isolation de toiture à 15 000 € HT, l’écart entre TVA à 20 % (3 000 €) et TVA à 5,5 % (825 €) représente une économie de 2 175 €. Le couvreur applique directement le taux réduit sur la facture après signature d’une attestation par le propriétaire.

Attention : la réfection de couverture à l’identique (remplacement de tuiles sans isolation) relève du taux intermédiaire de 10 %, pas du 5,5 %. La distinction repose sur la nature énergétique des travaux.

Déclaration fiscale des travaux de toiture

La procédure varie selon votre statut fiscal et le type de dispositif mobilisé.

Propriétaire bailleur au régime réel :

  • Reporter le montant des travaux sur le formulaire n° 2044 (déclaration des revenus fonciers)
  • Ligne 224 pour les dépenses de réparation et d’entretien
  • Ligne 224 bis pour les dépenses de rénovation énergétique ouvrant droit au super déficit foncier
  • Conserver factures, devis signés et justificatifs de paiement pendant 3 ans minimum

Propriétaire occupant :

  • Déposer une demande MaPrimeRénov’ sur le site france-renov.gouv.fr avant le début des travaux
  • Aucune ligne à remplir sur la déclaration de revenus (l’aide est versée directement)
  • Fournir les factures de l’artisan RGE après achèvement du chantier

La déclaration de travaux en mairie reste nécessaire en parallèle si votre réfection modifie l’aspect extérieur de la toiture (changement de matériau, de couleur).

Les erreurs qui font perdre l’avantage fiscal

Trois situations reviennent régulièrement lors des contrôles fiscaux sur les déductions de travaux de toiture :

  • Travaux payés avant la mise en location : les dépenses engagées sur un logement vacant ne sont déductibles que si le propriétaire prouve son intention locative (mandat de gestion, annonces publiées)
  • Confusion entre réparation et reconstruction : une surélévation ou un agrandissement de toiture ne constitue pas une réparation déductible, mais une dépense de construction non imputable
  • Absence d’artisan RGE pour le super déficit foncier : les travaux d’isolation réalisés sans professionnel certifié RGE ne donnent pas accès au plafond doublé de 21 400 €

L’administration fiscale peut remettre en cause la déduction si les justificatifs sont insuffisants. Gardez systématiquement les devis acceptés, factures détaillées, DPE avant/après travaux et attestations RGE de l’entreprise.

Récapitulatif : quel dispositif selon votre profil

ProfilDispositif applicableAvantage maximum
Bailleur, régime réel, travaux classiquesDéficit foncier10 700 €/an sur revenu global
Bailleur, régime réel, isolation + DPESuper déficit foncier21 400 €/an sur revenu global
Occupant, revenus modestesMaPrimeRénov’ + CEE + éco-PTZJusqu’à 90 % du coût HT
Occupant, revenus supérieursTVA 5,5 % (isolation uniquement)2 175 € d’économie sur 15 000 € HT
Bailleur au micro-foncierAucune déduction spécifiqueAbattement forfaitaire de 30 %

Prochaine étape : vérifiez votre éligibilité aux aides pour travaux de toiture et consultez le guide des subventions Anah pour maximiser le financement de votre chantier. Si votre projet modifie l’aspect extérieur de la couverture, anticipez les démarches de déclaration en mairie avant de lancer les travaux.

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